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L'Alhambra et le Généralife

Histoire de l'Alhambra

L'Alhambra est la cité palatine construite entre le XIIIème et XVème siècle par la dernière dynastie des rois andalous, les Nasrides. Elle représente l'exemple le mieux conservé, au niveau mondial, de l'architecture civile du Moyen-âge.

Remonter le temps permet une meilleure compréhension du monde Al Andalous (terme qui désigne l'ensemble des terres de la Péninsule Ibérique sous domination musulmanes au Moyen-Âge de 711 à 1492). Nous pouvons commencer par le rappel de la rapide expansion, au VIIème siècle, de l'Islam vers l'est (bataillant contre les perses et d'autres peuples jusqu’à la Chine et l'Inde actuelles) et vers l'ouest (où l'empire byzantin contrôlait le nord de l'Afrique). Le premier contingent d'envahisseurs arriva ainsi à l'Hispanie wisigothe au début du VIIème siècle. A la base hispano-romaine, minorité gouvernante wisigothe, à la présence juive et autres peuples s'unirent des habitants du Proche-Orient arrivées comme classe dirigeante (arabes) et accompagnées d’une majorité de troupes d'origine nord-africaine (berbères). C’est ainsi que se créa une culture de mélange racial, linguistique et religieux. A partir d'ici, nous divisons l'histoire de Al Andalous, nom donné par les envahisseurs au territoire de la péninsule, en différentes étapes:


- L'Émirat où les dirigeants andalous, jusqu'au Xème siècle, dépendaient du calife d'orient et  où les frontières, toujours variables entre le monde chrétien et musulman, coïncidaient approximativement avec les cours de la rivière du Duero et celle de l'Ebre.

- Le califat indépendant Omeya dont Cordoue était la capitale, scindé du califat Abbaside de Bagdad, qui se maintint jusqu'au début du XIème siècle et qui représenta l'apogée du monde de l’Al Andalous.

- L'époque de la désagrégation et du recul territorial de l'Islam péninsulaire qui marqua la fin du califat au XIème et au XIIème siècle. Ce fut l’époque de la naissance des "Taïfas" ou royaumes indépendants, mais aussi, celle de nouvelles invasions assistées par des dynasties nord-africaines qui ne pouvaient arrêter l'avancée des royaumes chrétiens vers le sud.

- La survie du Royaume Nasride de Grenade au XIIIème, XIVème et XVème siècles qui comprit approximativement la moitié orientale de l'Andalousie, la partie basse de la vallée du Guadalquivir protégée par des cordillères montagneuses. C'est le moment où l’on débuta la construction de l'Alhambra comme cité royale pour la cour Nasride. Son emplacement était  idéal aussi bien pour la défense que pour l'eau de la Sierra Nevada dont l’accès était favorisé.

La construction de l'Alhambra commença, au XIIIème siècle, à l’extrême bout de ce que nous connaissons aujourd'hui comme l'Alcazaba, quartier militaire dont la tour fut la résidence du roi fondateur de la dynastie. Puis, elle s’étendit lentement jusqu'à arriver à ses dimensions actuelles, augmentant non seulement le nombre et la taille des résidences royales, mais aussi les ruelles de la médina de l'Alhambra, mais encore les quartiers destinés aux domestiques, aux fonctionnaires ou aux artisans ainsi que les ateliers comme les tanneries, les fabriques de céramique et de monnayage, les mosquées ou les bains. Extra-muros, c’est au début du XIVème siècle que fut construit  l’Almunia du Généralife (palais et jardins), propriété de loisirs dotée de potagers, de jardins et de terrains de chasse des sultans grenadins.

De nos jours, la zone la mieux préservée est constituée par les palais des souverains Yousouf 1er et son fils et successeur Mohamed V, vivant tous deux au XIVème siècle. Ces palais sont de beaux exemples de l’architecture palatale islamique. Ses salles sont ordonnées autour de cours qui étaient à l'origine peuplées de jardins. Nous pouvons aussi occasionnellement visiter d'autres tours qui furent les résidences d'autres sultans de la dynastie aux XIIème et XIVème siècles.

En 1492, suite au long siège des troupes castillanes et aragonaises des Rois Catholiques, Boabdil, le dernier sultan de la dynastie, capitula. Sa reddition marque la fin d'une époque et le début d'une série de changements qui modifièrent notablement la physionomie de l'Alhambra. On construisit des monastères là où jadis il y avait eu des palais, des églises là où on avait trouvé des mosquées ainsi que de nouvelles résidences tel que le palais renaissance de l'empereur Charles Quint construit afin de représenter une cour différente à une époque différente. On nomma des maires dont la mission était de gouverner et de préserver la citadelle. On entreprit diverses réformes, cependant, au XIXème siècle, une grande partie du complexe fut aussi détruite pendant l'invasion napoléonienne menant l'Alhambra à souffrir des périodes d'abandon qui accentuèrent son déclin.

C'est au XXème siècle que s’engage une nouvelle période ponctuée par la restauration et la reconstruction des zones les plus abîmées. C’est à ce moment là que les visites touristiques débutent, convertissant le monument en ce qu’il est de nos jours, non seulement un monument visitable en perpétuelle transformation, mais aussi un centre de recherche de premier ordre qui produit, annuellement, des centaines de publications académiques.

 

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